| Un
cadre avant d’agir
Le manager n’échappe
pas à la règle : il lui faut réfléchir
avant d’agir.
En premier lieu, il lui est indispensable
d’avoir une vision de son service qui prolonge et
accompagne la vision de l’entreprise. « Quelle
est notre vocation ? Où voulons-nous aller ?
Que voulons-nous devenir ? » Ce sont les
réponses à ces questions qui injectent du
sens dans chacune des actions menées.
A la vision
vient ensuite s’agréger l’éthique :
un cadre de valeurs et de règles de conduite qui
donnent une « prévisibilité » aux
décisions et aux agissements du manager. C’est
la première marche du courage.
Si l’on ne
peut faire l’économie de cette réflexion
préalable, il reste que le courage managérial
ne se réalise pleinement que dans l’action.
Mener une action avec courage, c’est la mener avec
vigueur, au quotidien. Etre dans l’action, c’est être
dans l’opérationnel. Des objectifs spécifiques
associés à un contrôle systématique
et constructif n’assurent pas automatiquement le
succès, mais ils maximisent les chances de progresser
vers le cap fixé et d’anticiper les perturbations.
L’action qui sait tirer les enseignements de l’expérience
constitue la deuxième marche du courage.
Le
travail sur l’information
La troisième composante du
courage porte sur les capacités du manager à entretenir,
voire à générer de la motivation.
Si l’exemplarité reste une condition essentielle,
la capacité à « travailler l’information » est
centrale : se faire le relais des bonnes comme des
mauvaises nouvelles, faire remonter les indicateurs défaillants,
mais avec la capacité de transformer
les événements
en action pour susciter le désir d’agir et
conserver l’élan. Auprès de la hiérarchie
comme de ses collaborateurs, le manager agit comme un filtre
qui doit transmettre uniquement les informations porteuses
d’action et de décision, en remodelant les
données anxiogènes. Il maîtrise ainsi
le stress en le rendant constructif, il se protège
et protège son équipe. |
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La
crise : un révélateur de leader
En mer, la tempête révèle
les bons capitaines. Dans l’histoire, chaque époque
fait émerger les leaders qui se hissent à la
hauteur des enjeux. En management, le courage ne se déploie
totalement qu’en temps de crise.
En temps de crise, que se passe-t-il ?
Le recentrage sur l’opérationnel est manifeste.
Le manager doit alors mieux suivre les indicateurs, resserrer
son contrôle pour assurer les résultats. Ce recentrage
présente deux difficultés majeures et simultanées : accepter
de « naviguer à vue » en
veillant à ce que ce changement d’optique temporaire
ménage la vision à long terme de l’entreprise.
C’est le quatrième courage : oser s’adapter à un
environnement changeant voire hostile en gardant à l’esprit
tous les paramètres (vision, sens de l’action,
motivation) qui assurent une évolution saine.
« Descendre
d’un cran » pour faire réussir
Concrètement, comment
le manager peut-il s’adapter ? Une crise ne change
pas tout. Elle nécessite des ajustements. En temps
de crise, le manager doit adapter son style de management.
Cette recommandation se nourrit d’un modèle
où le manager se vit comme un « développeur
d’autonomie » : selon le niveau d’autonomie
de son collaborateur, le manager sera directif (collaborateur
peu autonome), puis persuasif, puis participatif et enfin « délégatif » (collaborateur
très autonome).
La raison de cet ajustement
est simple :
il n’est pas certain qu’une personne nageant
deux kilomètres en piscine puisse reproduire cette
performance dans une mer démontée. Si l’environnement
bouge, le manager doit s’assurer que les compétences
du collaborateur peuvent s’exprimer dans ce nouvel
environnement. La modification de l’environnement remet
en cause l’autonomie du collaborateur (cf. exemple
du nageur). C’est pourquoi le manager doit être
plus présent pour faire comprendre l’environnement à son
collaborateur. Ce dernier pourra ainsi valider sa capacité à faire
face à la nouvelle situation. Le temps d’une
tempête, un manager délégatif redeviendra
participatif tandis que le participatif sera lui temporairement
persuasif. Le manager descend d’un cran et ce n’est
pas un déni de confiance. Au contraire, cet ajustement
du style montre que le manager à la volonté d’assurer
la réussite de son collaborateur. Et c’est bien
le premier rôle du manager. |